Un arbre centenaire que l’on usine en tasseaux de section carrée, en barres rectilignes et uniformes. Quelques nœuds émergent de ce découpage industriel, qui témoignent encore de la longue et patiente construction naturelle qui au fil des années avait façonné cet Etre.
Par un long processus d’agencement et une organisation rationnelle sous-jacente, c’est une deuxième et autre nature que j’ai souhaité donner à ces éléments dénaturalisés : une essence nouvelle, empreinte des codes industriels et architecturaux qui nous entourent.
La « renaturalisation » peut ainsi prendre place dans cet équilibre spatial ordonné : sans ignorer la limite qu’elle se fixe, la représentation naïve de ce qu’elle ne saurait reproduire, elle en rappelle l’origine et redonne au travers de ces codes récents un sens tout aussi fort d’équilibre.
L’objet renaturalisé devient ainsi la symbiose inattendue entre deux mondes à priori étrangers. Une symbiose improbable et intemporelle.